Luttes

L’extrême droite aux côtés des ouvriers ?


Rappel de l’histoire de Pierre Maître, gréviste, assassiné par l’extrême droite bras armé du patronat, à Reims.

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Il y a 32 ans, en juin 1977, était assassiné devant son usine l’ouvrier Pierre Maître, deux de ses camarades grévistes étaient quant à eux grièvement blessés par les tirs des nervis d’extrême droite venus mater la grève des ouvriers de l’usine VMC (Verreries mécaniques champenoises).

Ça s’est passé à Reims.

Pierre Maître avait 32 ans, il est mort d’une balle en pleine tête.

On apprendra que les auteurs de ce crime odieux appartenaient à la CFT (Confédération française du travail), faux syndicat dissout en 77 et vrai outil de répression antisyndicale, que le grand patronat et la droite ont tenté d’implanter dans les entreprises dans les années soixante et soixante-dix.

Le chef du commando, un certain Claude Leconte, appartenait aussi au SAC (service d’ordre de la droite gaulliste fondé par Charles Pasqua) de triste mémoire.

Leconte à été condamné à 20 ans de prison, son complice à 7 ans de prison.

Lire le récit de cette journée tragique ICI.

30 ans après rien n’a vraiment changé à Reims et ailleurs, il n’y a que les méthodes du patronat qui ont évolué.

 

Jeudi 4 Juin – Devant VMC reims

Vidéo envoyée par VMC-reims

De nos jours le patronat n’assassine plus les ouvriers grévistes, il ne cherche plus a corrompre leurs syndicats,  il les précarise, il délocalise leurs usines à la recherche de nouveaux esclaves plus dociles.

30 ans après la lutte continue pour les ouvriers de VMC, leur usine sera délocalisée.

L’usine qui fait des profits devrait fermer en juillet, laissant sur le carreau 146 personnes.

Les petits pots fabriqués à Reims seraient trop chers selon le propriétaire américain de l’usine (le groupe Owens Illinois).

Aujourd’hui la VMC n’existe plus, le capital à eu un nouvelle fois le dernier mot, conséquence amère de l’abandon et de l’incompétence de notre politiciens mais jamais ceux qui ont lutté pour leurs droits et la justice sociale ne quitteront notre mémoire car ils sont les artisans méticuleux de notre liberté, jamais nous ne perdons de vue qu’il est possible de lutter et de triompher de la cupidité abjecte et de la violence du capital.
Gloire à ceux et à celles qui ont fait le choix de lutter.

REIMS / 146 emplois en sursis

Les VMC sur la piste de repreneurs

DEPUIS l’annonce il y a à peine une quinzaine de jours de la fermeture de leur entreprise par leur direction américaine d’Owens Illinois, les 146 verriers de la rue Pierre-Maître spécialisées dans la production de bocaux et de petits pots, s’activent sans relâche, encouragés par des élus de gauche comme de droite, pour contester ce lâchage et trouver un repreneur.Les VMC avec la maire de Reims

Et hier, Eddy Lefèvre, secrétaire du CE et tout le personnel de la verrerie ne savaient plus s’ils devaient verser une larme ou retrouver le sourire. Verser une larme pour leur copain David Dervin parti en 2005 de leur usine pour celle d’à côté et victime hier d’une crise cardiaque au travail, ou retrouver le moral en apprenant que deux repreneurs s’étaient fait connaître, intéressés par l’activité petits pots.

Qui sont-ils ? Quelles sont leurs propositions ? Il est encore trop tôt pour communiquer leurs noms semble-t-il, mais un rendez-vous prévu mardi à 10 heures devrait permettre d’en savoir plus.

Toujours est-il que la partie avec leur direction d’OI prend maintenant une autre tournure. Dans une petite salle, sous le portrait de Pierre Maître, assassiné le 5 juin 1977 par un commando fasciste, ils s’en sont expliqués hier notamment avec la maire Adeline Hazan, présidente de Reims métropole accompagnée par Alain Lescouet, maire de Saint-Brice-Courcelles.

Obliger OI à vendre

« Owens Illinois veut se séparer du site de la rue Pierre-Maître pour délocaliser sa production de petits pots et de bocaux soit disant trop coûteuse à Reims sur son site du Massif Central et faire encore de plus grosses marges. Parallèlement, il raréfie la production de ce type de verre pour faire augmenter les prix. Mais il n’est pas vendeur de son usine rémoise » ont expliqué aux élus les salariés. « Il faut donc tout faire pour obliger OI à vendre. Ça ne sera pas simple. »

La maire de Reims qui a rencontré le préfet pour évoquer la situation de l’entreprise a d’ores et déjà assuré les verriers de tout faire pour qu’une solution soit trouvée. Le maintien de l’activité verre constitue la priorité, et si cela ne pouvait pas se faire, au moins d’une activité industrielle sur le site qui ne doit pas devenir une friche.

En attendant un piquet de grève auquel se sont joints femmes et enfants marque sa présence sur le site. Si certains jouent aux boules, d’autres surveillent l’outil de travail. Et pestent contre les coups de fusil qu’ils entendent la nuit du côté du quartier Saint-Charles. Qui leur rappelle de bien mauvais.

Alain MOYAT

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