Place au Peuple – Reims 2014 (10 Novembre 2013)

Par Xavier Béchereau

La Campagne du Front de Gauche à Reims sera belle et généreuse comme le veut notre maxime politique : L’humain d’abord. Il me semble que bon nombre de nos concitoyens ne savent plus vers qui se tourner pour faire face à leurs problèmes quotidiens : hausse de la précarité, chômage, difficultés pour simplement vivre et payer les factures… Ainsi je pense qu’il nous faut montrer notre résolution à faire changer les choses et à créer le changement promis par le parti socialiste en 2012 à Reims et sa métropole ; j’écrirai donc chaque semaine un billet de campagne sur notre projet politique ainsi que les rencontres que nous ferons pendant les quelques mois que va durer cette campagne qui fera de Reims un exemple de la lutte contre l’austérité.

Le service public pour lutter contre l’austérité

Alors que le prochain budget national 2014 prévoit des hausses d’impôts et 15 milliards de coupes budgétaires dont la majeure partie portera sur la dépense sociale (7 milliards dont 3 pour la santé), les collectivités territoriales qui réalisent 70% de l’investissement public voient également leurs dotations de fonctionnement baissées de 1,5 milliards ;  n’oublions pas également l’acte III de la décentralisation prévu bien entendu après les élections municipales qui va une nouvelle fois donner de nouvelles compétences aux conseils généraux, régionaux et municipaux sans accompagnement budgétaire. En résumé, l’État continue son désengagement des missions républicaines au profit de régions dont les moyens financiers sont inégaux, tout ceci en mettant en péril l’égalité républicaine affichée dans chaque mairie de France.

La période est très dure pour (presque) tous mais il faut lutter contre le chacun pour soi car si pour le moment, vous arrivez peut-être à vous en sortir, avec la contraction de l’activité économique et la rapacité des milieux financiers, de moins en moins d’emplois ont une réelle sécurité. Avec les choix politiques qui sont mis en place actuellement :
– les classes populaires qui souffrent depuis des années continuent d’être ignorées (j’imagine qu’on se dit que depuis le temps qu’elles souffrent, elles doivent être habituées ! Quelle honte !)
– les classes moyennes sur lesquelles porte l’essentiel des hausses d’impôts et des coupes budgétaires nettes vont connaitre de plus en plus de difficultés en plus d’un sentiment d’inégalité de traitement
– même les classes localement supérieures (je veux dire par là les notables et non les super riches dont le patrimoine est investi dans le CAC40 depuis des lustres) verront leurs entreprises en difficulté car elles trouveront de moins en de moins de personnes pour acheter leur production.

Si l’austérité signifie la course perpétuelle et avec acharnement à la réduction du déficit public par les hausses d’impôts et réductions budgétaires, elle s’accompagne également du pillage des services publics mis à mal par ces mêmes réductions budgétaires. Je le dis très clairement :

Pas touche à nos services publics !

Le service public reste le patrimoine des gens qui n’en ont pas et je demande solennellement à tous les citoyens de réfléchir à ce quil représente. Nous collectiviserons et sortirons de la logique du profit pour une raison sociale et environnementale :  les biens communs de l’humanité et tout ce qui est nécessaire à la vie de tous, non seulement parce que cela coûte moins cher à la collectivité mais en plus parce qu’il est humain d’aider son prochain en difficulté car qui sait, un jour peut être ce sera un de vos proches qui aura perdu son emploi, qui ne pourra pas se payer un transport pour se rendre à un entretien d’embauche. Avec nous, le service public répondra présent pour aider les plus fragiles notamment par la gratuité des transports pour les chômeurs dans un premier temps.

Arnaud Robinet reprend une des propositions du Front de Gauche

Dans cette logique de développement du service public à Reims, sur le volet transport, nous affichons clairement la volonté de revenir sur la Délégation de Service Public (DSP) transport et de casser le contrat de Partenariat Public-Privé (PPP) qui avait été signé pour la construction du Tramway. Il est totalement anormal que les actionnaires du MARS, consortium concessionnaire des transports urbains de la métropole (Alstom, Transdev, Caisse d’Épargne, Bouygues…) puissent verser des dividendes au minimum à hauteur de 9,56% de taux rentabilité, selon les clauses secrètes du contrat d’origine alors que le déficit commercial atteint 8 millions d’euros.

Pour revenir à l’équilibre budgétaire, nous devrons augmenter la vitesse commerciale des bus notamment en réalisant des changements dans le Plan de Déplacement Urbain pour favoriser le transport collectif. Sans retour en régie publique et sans définanciarisation de ce service, il est bien évident que tout effort fait par la collectivité partirait immédiatement en dividende, ce qui est inacceptable.

La tête de liste UMP Arnaud Robinet a affiché cette semaine sa volonté de lui aussi revenir sur le PPP comme nous l’avions dit lors de la conférence de presse de candidature le 1er novembre (cf. Le blog d’Alain Moyat). Mais de qui se moque-t-on ? Le PPP pour la construction du Tramway a été signé pendant la mandature de Jean-Louis Schneiter (UMP), c’est le parti de Mr Robinet qui a créé ce contrat et maintenant nos deux camarades de la droite veulent revenir dessus ? Doit on également rappeler qu’Arnaud Robinet est député de la Marne depuis 2008 ? Que faisait Arnaud Robinet lorsqu’il vota avec son parti pour le contrat en PPP de l’écotaxe pour Ecomouv qui désormais emporte le buzz médiatique et l’indignation citoyenne bien légitime ? Alors désormais, Mr Robinet veut nous faire croire qu’il a vu la lumière. C’est une plaisanterie ! Comme le disait Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré. »

J’en profite pour rappeler l’oubli de l’Union dans son article : « La CGT annule son débat » car l’UDI n’est pas la seule formation à avoir répondu au questionnaire de la CGT. Le PCF et le PG, nous avons répondu également mais la journaliste de l’Union, Catherine Frey, a omis de le mentionner dans son article ce dont elle s’est excusée et nous a garanti une publication des réponses dans ses colonnes, affaire à suivre donc… Je comprends complètement la déception de la CGT, il y a quand même quelque chose d’anormal si les responsables politiques fuient le débat avec les représentations syndicales. En tout cas, le Front de Gauche assume ses responsabilités.

 

Il y a 95 ans…

Demain je participerai aux commémorations de l’armistice du 11 Novembre 1918 à 11h, cimetière du nord. Je ne sais si beaucoup viendront à cet événement mais j’espère que de nombreux citoyens feront le déplacement car en ces temps troublés où comme je l’ai dit, la tentation au repli sur soi et à la haine des autres est de plus en plus forte, il est primordial de se remémorer ce que les hommes sont capables de se faire subir les uns, les autres. La Révolution Française introduisit le terme : SEMBLABLE pour désigner les autres humains en ce sens que faire du mal à l’autre c’est se faire du mal à soi dans l’instant. Nous devons nous sortir de nos instincts violents et construire ensemble une autre Europe que celle qui s’est auto-mutilée pendant mille ans et notamment au XXe siècle et vers laquelle nous retournons à pas de velours.

Je suis d’ailleurs très déçu que le film : « Les jours heureux » de Gilles Perret sur l’œuvre du Conseil National de la Résistance ne soit disponible dans aucun cinéma de Reims, soyez certains que le Parti de Gauche va contacter les divers cinémas de Reims pour organiser une projection et éventuellement un débat.