Nos têtes de liste répondent à nos questions

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Lors de notre dernière réunion de comité du 25 octobre 2013 nous avons élu Xavier Béchereau et Laure Manesse pour conduire notre liste aux élections municipales à Reims. Nous leur souhaitons pleine réussite.
Nous leur avons posé quelques questions.

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

1383811_10201086037525889_335127679_aLaure Manesse : Je m’appelle Laure Manesse et j’ai bientôt 27 ans. Assistante d’éducation en collège, je prépare actuellement plusieurs concours afin d’intégrer l’Éducation Nationale. Évidemment sensibilisée par le chômage qui touche les jeunes de plein fouet, mon implication politique mais avant tout citoyenne vise à faire évoluer les choses vers une société plus juste et plus égalitaire.  J’aime le contact avec les jeunes, leur transmettre des valeurs de solidarité, de respect et de tolérance qui font parfois défaut dans le pays et qui sont pourtant indispensables au bien vivre ensemble. Chaque citoyen doit pouvoir trouver sa place dans une démocratie plus participative.  Arrivée à Reims en 2004 pour mes études, ma candidature aux municipales est destinée à ouvrir le champ des possibles. Une véritable politique sociale peut être menée, et ce, malgré le climat d’austérité que le gouvernement voudrait nous imposer comme une fatalité.

 

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Xavier Béchereau : J’ai 27 ans et je suis né à Montluçon en Auvergne. Je travaille au Centre Régional de la Navigation Aérienne parmi les 260 aiguilleurs du ciel qui ont la tâche d’assurer chaque jour la sécurité de 2000 vols dans le quart Nord-Est de la France. Je suis arrivé à Reims il y a quatre ans, en provenance de ma chère région, et malgré l’évidente différence de relief, de culture et d’histoire entre ces deux régions, je me suis tout de suite plu dans la ville des Sacres. On me disait alors : «Tu verras, les Rémois ne sont pas forcément très accueillants ni très intéressés par leur ville car sans doute en quête de ciels plus méridionaux. La réalité fut toute autre. J’ai rencontré, via mon travail ou par mes engagements politiques, associatifs et sportifs, des personnes aussi affables que passionnées par leur ville et qui adorent la raconter.

Mon engagement politique est plutôt récent en réalité. Bien que depuis très longtemps passionné par l’histoire, la philosophie, la sociologie et l’économie, ce n’est qu’à partir de 2012 que j’ai réellement relié tous ces sujets les uns aux autres pour avoir une pleine conscience citoyenne et une explication cohérente et objective du monde. Pourquoi 2012? La réponse est simple, il s’agit de la campagne de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Le mandat de Nicolas Sarkozy m’avait profondément dépolitisé et en 2010, en pleine réforme des retraites pour sauver le triple A, j’avais comme beaucoup de Français des doutes sur la capacité de la politique à résoudre les problèmes des citoyens. La campagne du Front de Gauche eut l’effet inverse, elle me rapprocha de la politique en mettant en lumière les causes des maux de notre société, en posant des questions essentielles qui appellent au débat citoyen : « Qu’est-ce que la démocratie?», «Quel pacte social veut-on pour notre pays?» etc… Ces mots qui sont de plus en plus dévoyés dans les medias traditionnels et qui finissent par perdre leur sens ont repris vie pour moi cette année-là et c’est après les Assises de l’Ecosocialisme organisées par le Parti de Gauche en décembre 2012, que je décidai d’adhérer à ce parti, composante du Front de Gauche.

Pourquoi avez-vous postulé pour conduire cette liste pour les municipales à Reims ?

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Laure Manesse : En temps de crise où le chômage ne cesse d’augmenter, je tenais à porter un programme qui constitue une alternative à l’austérité et mette en œuvre une véritable politique sociale. Notre région dispose de plusieurs atouts et il serait dommage de ne pas en tirer profit. Le programme du Parti de Gauche vise à réconcilier les citoyens entre eux. Il n’est pas acceptable de désigner l’immigré comme responsable de la crise quand il existe une alternative sociale qui nous permettrait à tous de mieux vivre ensemble.

 

 

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Xavier Béchereau : Tout d’abord, j’aime ma ville. Reims est à l’évidence un personnage de roman : flamboyante ville de l’Antiquité, deuxième ville de l’Empire romain d’occident avec ses 80000 habitants puis mutilée lors des invasions barbares, Reims a, petit à petit, par le courage de ses habitants, regagné ses lettres de noblesse malgré les nombreuses invasions et occupations : occupations russe en 1814, allemandes en 1870, 1914 et 1940. Sur le front des luttes, rappelons-nous la grève de 33 jours en 1880 des 15000 ouvriers des industries textiles pour limiter la durée du travail à 60 heures, le rôle que jouèrent les habitants dans la Résistance avec Michel Sicre, secrétaire de la CGT, fondateur du journal L’Union et maire communiste de la ville après la Libération, l’élection de Claude Lamblin en 1977…

Reims est donc belle d’Histoire avec un grand H mais également de l’histoire des citoyens de base qui font la richesse du patrimoine. C’est pour cela que je désire m’impliquer davantage dans la vie de la cité car j’éprouve un immense plaisir à vivre à Reims et un grand honneur d’avoir été élu tête de liste du PG avec Laure.

Il y a une autre raison qui me pousse à agir : j’en ai plus qu’assez de la politique d’austérité que la droite a menée et que le gouvernement actuel s’acharne à appliquer. Nous voyons tous les jours les ravages que cette politique entraîne, notamment à Reims avec les destructions d’emplois et de savoir-faire, chez Bosal, Reims Aviation, Wayne Dalton… Avec le Parti de Gauche, je soutiens les salariés de Wayne Dalton depuis le mois d’août et je dois avouer que le courage qu’ils démontrent chaque jour me motive. Je pense notamment à Jean-Louis et à Eric qui ont été grévistes de la faim et que ni le député UMP Arnaud Robinet, ni la maire Adeline Hazan ne sont venus voir, ne serait-ce que pour les écouter. Ils les auraient entendu raconter ce qui s’est réellement passé : que le Ministre socialiste du Redressement Productif n’a même pas cherché de repreneur pour le site et qu’il valide un plan de licenciement autorisé par une loi scélérate, l’ANI.

C’est ainsi que mon affection pour Reims et mon indignation politique sont les raisons qui m’ont poussé à souhaiter conduire cette liste.

Quel regard portez-vous sur l’actuelle gestion municipale ?

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Laure Manesse : Le bilan de l’actuelle municipalité paraît globalement satisfaisant si on s’en tient à la façade. La Ville a redoré son image et gagné en visibilité grâce à des projets coûteux. Cependant, la population ne semble pas avoir été mise au cœur de ce projet. Le coût du transport a explosé, les nouveaux logements construits affichent des loyers exorbitants, d’où la nécessité de mettre en place une autre politique dont tous les habitants, même les plus modestes, seraient bénéficiaires.

 

 

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Xavier Béchereau : Tout d’abord, je souhaite rappeler qu’étant Rémois depuis quatre ans, je n’ai connu que la gestion de l’équipe actuelle avec Adeline Hazan à sa tête. Il m’est donc difficile de pouvoir comparer le travail de la municipalité actuelle par rapport à celle de Jean-Louis Schneiter, notamment dans tout ce qui est culture, bien-être en ville, etc… Cependant, nous pouvons objectivement regarder les faits. Adeline Hazan a hérité des choix catastrophiques de la droite rémoise qui, aujourd’hui, n’a de leçon à donner à personne. Entre 2000 et 2008, l’endettement de Reims a augmenté de 60% et le taux de la taxe d’habitation a presque doublé, alors que, dans les communes de taille similaire, ce même taux n’augmenta que de 30%. En cause, le choix désastreux de la privatisation du service public notamment pour les transports, avec la construction du tramway en Partenariat Public-Privé (PPP) dont les conséquences sont le renflouement permanent des comptes de la Transdev pour financer les sacro-saints dividendes par l’argent public, l’augmentation du coût du transport ainsi que la baisse de la qualité du service pour les usagers : prix du billet, longueur du trajet, correspondances en plus…

Voici donc le contexte dans lequel a démarré l’équipe municipale en poste actuellement. Certaines choses ont été réussies : l’augmentation du nombre de crèches, l’amélioration de la vie culturelle avec par exemple Electricity, le désendettement de la ville. Cependant, il faut être réaliste, cette politique ne répond plus aux besoins des Rémois qui subissent de plein fouet les politiques libérales d’austérité en Europe et en France par l’augmentation des impôts (TVA, impôt sur le revenu etc…) et la destruction d’emplois productifs. Si une ville comme Reims ne peut pas tout régler car elle n’a pas les leviers de l’État, en tant que premier niveau de la puissance publique, elle a des moyens d’action pour répondre à l’urgence de situations de plus en plus précaires. Cela passe par un service public efficace au service de tous les citoyens, notamment les plus fragiles. Adeline Hazan, alors députée européenne, avait voté la loi sur la délégation de service public (DSP) qui permet aux communes de privatiser des services autrefois en régie municipale publique. Il est donc évident qu’elle n’a pas la volonté politique de revenir sur la DSP transport ou de créer une nouvelle régie publique du chauffage par exemple.

Enfin également un gros regret pour les maisons de quartier et la démocratie locale. C’est un échec car la mairie lance bien le processus pour permettre aux habitants de développer des projets dans leurs quartiers mais n’apporte aucun budget pour financer ces projets. C’est donc une politique en trompe-l’oeil.

Si vous étiez élus, quels seraient vos chantiers prioritaires pour Reims ?

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Laure Manesse : Tout d’abord, nous ferons en sorte de baisser le coût du transport et ainsi le rendre accessible à tous. Si le tramway s’inscrit bien dans une démarche écologique, son coût ne permet pas aux Rémois de bénéficier à fond de son utilisation. Notre second objectif sera de permettre aux habitants de vivre plus dignement, en encadrant le prix des loyers pour les logements sociaux. Enfin, nous comptons redynamiser le secteur de l’emploi tout en amorçant la transition écologique créatrice de nouveaux emplois. Il est indispensable de préserver les emplois existants et tous les moyens juridiques seront mis en œuvre pour protéger les salariés face à la rapacité des actionnaires.

 

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Xavier Béchereau : Danielle Simonnet, candidate du Parti de Gauche pour les municipales de Paris, a déclaré vouloir faire de Paris la capitale de la lutte contre l’austérité. Je n’ai pas moins d’ambition pour Reims. Notre programme politique répond aux enjeux sociaux et écologiques dont nous avons débattu aux Assises de l’Ecosocialisme à Châlons-en-Champagne le 20 Octobre dernier. L’écologie ne doit pas être une idée que l’on saupoudre par-ci par-là pour faire «vert» et à la mode. Au contraire l’écologie est à la base de la réflexion de notre programme car si l’on permet de faire baisser les factures de chauffage, on rend aux habitants du pouvoir d’achat et l’on mène une vraie politique sociale. La transition énergétique que nous proposons permet de développer des emplois productifs (isolation des logements par exemple), de valoriser le territoire champenois, et d’aider nos concitoyens à trouver du travail et à «sortir la tête de l’eau». Voilà le sens global de la politique qu’il faut mener pour Reims et sa métropole.

Au cours de la campagne électorale, nous aurons l’occasion de développer ces sujets et d’autres très importants, notamment la fiscalité, le chauffage collectif et le coût de l’eau…

Il y aura du travail pour les futurs élus, au service de la communauté, c’est tout simplement nécessaire pour le bien vivre pour tous à Reims.

Comment imaginez-vous Reims avec une équipe municipale Front de gauche ?

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Laure Manesse : Une équipe Front de Gauche serait à l’écoute du citoyen et redonnerait de l’importance à sa parole. Pour entraîner la Ville dans une dynamique positive, il est important que les Rémois puissent être impliqués et prendre part à la prise de décision.

 

 

 

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Xavier Béchereau : Il y a une expression au Front de Gauche qui résume avec beaucoup de simplicité ce qu’est notre action politique : L’humain d’abord. Le drame actuel de la société est que l’argent passe avant la vie, alors qu’il ne devrait être qu’un outil au service de la société. Nos propositions demanderont, il est vrai, des investissements, mais comme des économies sont possibles dans certains secteurs, les besoins prioritaires pourront être satisfaits.

Enfin, le Front de Gauche n’est pas qu’un rassemblement de partis. Nous construisons chaque jour un mouvement beaucoup plus large avec les associations, les syndicats ou même de simples citoyens qui veulent s’investir dans la vie de la cité et on les comprend : n’y a-t-il rien de plus honorable que d’être un vrai citoyen qui joue pleinement son rôle? Les décisions importantes ne seront pas prises uniquement par la majorité politique mais devront être discutées et approuvées par les partenaires que je viens de citer. La démocratie ne s’arrête pas au soir des élections. Il faut la faire vivre pendant la mandature de 6 ans, avec toutes les personnes qui ont envie de participer!

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Militant su PG.