Chronique du Vendredi : L’extrême droite

par Xavier Béchereau

Avec un peu de retard, voici la chronique du vendredi… un samedi ! quelle honte direz vous ! Vous n’avez pas tord, c’est aussi ce que l’on se dit tous les jours à la rédaction du PG51 quand on voit le tas de bouteilles de bière et de pizzas qui en temps normal reste à un niveau gérable mais, en temps de vacances, n’arrête pas d’enfler comme la dette de la France. Le contrat précaire de notre balayeur polonais s’étant terminé au début des vacances, il est possible qu’au final il avait bien son utilité mais bon, nous avons succombé à une pointe d’humanité en lui offrant des vacances à vie juste au début de l’été. Et c’est pourquoi nous allons maintenant parler d’extrême droite.

L’imposture de l’extrême droite

Ah ! comme le dit l’adage partagé des gens de culture : « Jean-Marie, ben, il dit pas que des conneries ». Pourtant ils en disent quand même de belles et en continu. La Famille Le Pen prétend désormais défendre l’ouvrier et le salarié contre la grande finance, on peut même remarquer leur grande indignation contre la puissance des grands groupes financiers qui n’hésitent plus à délocaliser pour améliorer leur rentabilité, regardez (à 7min c’est très intéressant) :

Marion Maréchal le Pen nous le fait le coup des solfériniens : elle est choquée par la finance et leurs méthodes destructrices de la vie humaine mais par contre elle ne veut pas légiférer contre, elle sera donc aussi dangereuse contre la finance qu’un pistolet à bouchon. Mais il faut lui reconnaitre qu’elle persiste et signe sur la loi contre les licenciements boursiers. En effet, le groupe Front de gauche déposa au printemps un projet de loi sur ce sujet et au mois de Mai, seul le groupe EELV la soutint alors que les groupes PS, UDI, UMP et les apparentés FN votèrent tous contre. Mais Marion Maréchal le Pen est même allée plus loin qu’un simple vote. Elle a amendé contre ce texte et voici son texte :

La distribution de dividendes n’est aucunement le fait des seules grandes entreprises cotées en bourse. Toutes les entreprises sont concernées, en particulier les nombreuses PME ayant été transmises ou rachetées par un mécanisme de LBO.

Dans ce schéma, le versement et la remontée des dividendes est une condition de la viabilité du montage, en finançant le rachat de la cible par la holding qui a contracté l’emprunt. Il n’est donc pas souhaitable d’en faire un élément présumant que les licenciements économiques sont sans cause réelle et sérieuse.

Les opérations en LBO (leveraged buyout) sont une méthode inventée dans les années 80 et bien connue de la finance pour racheter des entreprises avec un emprunt. Pour le rembourser et faire une plus-value, le groupe acquéreur pratique un pillage de l’entreprise en se servant sur la trésorerie, en licenciant le plus de personnel possible pour faire chuter le cout de production et en vendant l’outil de production, vente qui généralement suffit à elle tout seule pour rembourser l’emprunt. Les LBO ne servent donc qu’à gagner de l’argent facile pour la grande finance au mépris de l’humain car bien évidemment : qui prend en charge le coût du licenciement de toutes ces gens ? l’État.

Jean-Marie lui aussi est étonnant car il était un grand admirateur de Ronald Reagan, oui oui! le président américain qui inventa la déréglementation et donna sa toute puissance actuelle à la finance internationale. C’est ballot.


Jean-Marie LE PEN, le Ronald REAGAN français par Jasonslash

Toujours dans le même registre, mais cette fois avec la génération suivante : Marine le Pen. La grande ne démérite pas non plus dans les votes du conseil général du Nord, car malheureusement pour Hénin-Beaumont, elle est conseillère générale. Deux votes retiennent notre attention : elle vote contre une subvention pour le secours populaire et contre l’opération : « Nos quartiers d’été », une opération destinée à améliorer la vie dans les quartiers populaires pendant l’été en proposant des activités culturelles et sportives. Cela ne surprend pas l’œil aguerri d’un observateur de l’extrême droite puisque les municipalités de la ligue du Sud (courant droitier de l’extrême droite) d’Orange et Bollène ont résorbé toutes leur dettes en arrêtant tous les financements qui allaient vers les quartiers populaires, du pur clientélisme. A ce propos, n’hésitez pas à consulter le documentaire : « mains brunes sur la ville » dans la section documentaires et films de ce site.

Enfin le FN et ses groupuscules ouvertement fascistes tels le GUD ont pris l’habitude de déverser des rumeurs complètement fausses afin de gagner l’opinion publique à leur cause. Il suffit de voir les réactions du FN et de la diffusion qui a suivit la publication par le gorafi (journal satirique de fausses informations) de la possession par Mélenchon d’un jet privé. Plus récemment encore, les habitants de Libourne ont reçu dans leurs boites au lettres de faux communiqués du maire à propos du ramadan : le FN est vraiment un parti parfaitement respectable. Pour toutes ces rumeurs d’extrême droite, il existe une excellente page facebook que vous pouvez retrouver ici.

Climat médiatique et montée de l’extrême droite

Malgré tout cela, on ne peut ignorer la montée électorale de ce parti de semi déments. Preuve de l’indignation extrêmement palpable de la population vis à vis du système économique et politique Français. L’argument n°1 du FN reste le système UMPS à savoir que les alternances sont d’apparence et que la politique menée dans ce pays ne change pas. Force est de reconnaitre que le gouvernement Ayrault donne chaque jour raison au FN en appliquant la politique de Nicolas Sarkozy sur tous les sujets économiques : baisse du cout du travail, accords compétitivité emploi, maintien de la baisse des effectifs de la fonction publique, traité Merkozy etc. Pour redonner confiance au peuple français, il faut que la classe politique se mobilise sur un nouveau projet pour la France mais ce projet ne peut être compris et approuvé par les citoyens que si celui ci vient d’eux même d’où la nécessité de retrouver notre souveraineté populaire au sein de la Nation Française. Les citoyens le savent désormais que les politiques menées dans ce pays ne sont pas dans une logique d’intérêt général ; alors le FN nous ressort sa vieille rengaine sur la nation et rendre le pouvoir au peuple mais dans l’esprit du programme du FN, cela signifie que le peuple se met en marche derrière un guide ou un chef : la preuve étant le culte de la personnalité dont les militants FN ne se cachent pas. Retrouver la souveraineté populaire n’est que retrouver la démocratie avec des citoyens pleinement impliqués dans le processus démocratique, processus à définir au sein d’une nouvelle république.

Quel est également le rôle des media dans la montée du FN ? Avec une couverture pareille, l’Express vend du papier sur fond d’affaires en cascade dans la classe politique et de rejet par la population. C’est sur que c’est très vendeur mais on joue encore une fois avec le feu. Cette une laisse à penser que TOUS les élus trichent et se servent de la république à des fins lucratives personnelles. Or ce n’est qu’une minorité qui mérite effectivement l’inéligibilité à vie voir la prison qui grâce à Christophe Barbier déteignent sur tous les autres.

Pour terminer, on ne va pas évoquer l’extrême droite sans parler d’immigration. La situation économique est telle que les gouvernement successifs sans le moindre début d’imagination politique demande de plus en plus d’ « efforts » dans un contexte de « sérieux budgétaire ». Alors que la majorité des citoyens font constamment des efforts pour l’Etat et pour leur famille, si on leur demande encore plus, la première pensée qui vient à l’esprit est : certains ne jouent pas le jeu et fraudent. C’est Alors qu’intervient le discours politique délétère de la droite sur la France qui se lève tôt, qui oppose les salariés du privé aux fonctionnaires, français de « souche » aux immigrés. Voici les chiffres du syndicat solidaire des contrôleurs fiscaux :

A ce stade, il est donc instructif de rappeler les enjeux financiers en matière de fraudes :

la fraude aux prestations sociales serait comprise entre 540 et 808 millions d’euros en 2009, sur environ 60 milliards de prestations versées. La fraude représenterait ainsi 0,91% à 1,36% du total des sommes versées. Les indus sont recouvrés à hauteur de 88% dans les trois ans (le contrôle aurait détecté 458 millions d’euros en 2010).

la fraude aux cotisations sociales provenant du travail non déclaré est pour sa part plus importante : le rapport de l’Assemblée nationale l’estime comprise entre 15 milliards et 20 milliards d’euros. […]

Au final, les différentes formes d’évasions et de fraudes fiscales représenteraient en 2012 de 16,76 à 22,3% des recettes fiscales brutes, soit 60 à 80 milliards d’euros

Il y a bien des gens qui ne jouent pas le jeu mais ce ne sont pas ceux que l’on croit : ce sont les plus riches qui échappent à l’impôt en plaçant leur revenus dans les paradis fiscaux.

Les immigrés qui touchent des allocations ne sont donc pas les responsables de la crise. De plus, de part leurs présences sur le territoire, ils agrandissent de fait le marché intérieur car ils consomment comme tout autre personne. Le FN en accusant l’immigration se montre une nouvelle fois comme l’ami des investisseurs en fustigeant un groupe plutôt que les responsables de la crise.