Aylan est le bienvenu en France.

Alyan Kurdi

 

La Hongrie, sous la férule de son Premier ministre d’extrême droite Victor Orban, a décidé de se transformer en forteresse en réponse à l’afflux de réfugiés sur son sol, renouant ainsi avec une époque que l’on croyait révolue, celle des châteaux forts et des murailles. Ce pays avait pourtant incarné en 1956 un espoir de liberté pour le continent est-européen, espoir vite enterré à la suite de l’intervention soviétique. Ce qui entraîna, déjà, le départ de nombreux réfugiés… hongrois à ce moment-là.

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1956, réfugiés Hongrois

2015, réfugiés Syriens

2015, réfugiés Syriens

Le souvenir de cette époque s’est manifestement dissipé, pour laisser place à l’intolérable indifférence à la souffrance du monde.
Sinon, comment comprendre ces scènes dramatiques où la police de ce pays membre de l’UE gaze et matraque des réfugiés de guerre? Comment comprendre cette incroyable réaction de l’Église catholique hongroise qui recommande de fermer ses portes et de ne pas offrir le gite et le réconfort à celui qui souffre, à l’étranger affamé et perdu, sous prétexte de ne pas encourager le trafic d’être humain?
On avait pourtant espéré un salutaire sursaut de cette Europe-là, face à l’image abominable, absurde de cet enfant noyé, le petit Aylan, 3 ans…La forteresse de nos égoïsmes avait semblé chanceler sur ses bases, des signaux encourageants nous parvenaient d’Allemagne. Mais cet espoir fut de courte durée ! Aussitôt l’émotion passée, une parole de haine, s’appuyant sur l’ignorance et les préjugés, s’est déversée comme un torrent intarissable sur les réseaux sociaux, autour de nous, et semble anesthésier nos consciences.
La tradition d’accueil, le devoir d’assistance, le droit international, la morale chrétienne, que tout cela semble vain pour ébranler les certitudes d’une Europe tournée vers elle même, incapable d’entendre et de comprendre la détresse de ceux qui nous appellent, se refusant à admettre son rôle et sa mission historique : construire un monde tourné vers la paix et la liberté.

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ! »
« Que fait-on pour nos SDF ? Si vous les aimez tant, accueillez-les chez vous ! »
Regardez ces lâches qui fuient leur pays, nous on n’a pas fait ça à notre époque »
« Il n’y a que des hommes, ce sont des terroristes »…etc etc.

Ces propos ressassés à l’infini par l’extrême droite ont privé le peuple de sa capacité à penser, à agir et à éprouver de la compassion pour les autres peuples de ce monde. Ces propos nous couvrent de honte.

Robert Menard et ses hommes de main

Robert Menard et ses hommes de main

Et que penser le l’ignoble Robert Menard, maire de Béziers, et de son numéro répugnant de démagogie quant il interpelle des réfugiés en leur assénant qu’ils ne sont pas les bienvenus en France.
Nous, militants du Parti de gauche, militants des Droits de l’homme, affirmons que les réfugiés de guerre, les opprimés, les affamés sont les bienvenus en France, que c’est le rôle et l’honneur de la France d’être un refuge pour celui qui souffre et une lumière pour celui qui espère. C’est ainsi que nous concevons le rôle de la France dans le monde.
Nous interpellons les élus et responsables politiques et leur demandons de se montrer dignes et d’être au rendez-vous de l’Histoire qui frappe à notre porte, de se montrer grands et généreux conformément à notre tradition d’accueil, aujourd’hui éclaboussée par le Front National.

Nous demandons à Monsieur Arnaud Robinet, Maire de Reims, de mettre en oeuvre les moyens et les infrastructures de la ville pour permettre un accueil conforme à l’image que nous voulons donner de notre ville. Et nous encourageons tous les autres maires du département à faire de même. Nous demandons également à Monsieur le préfet de la Marne de veiller à la sécurité des réfugiés qui seront accueillis dans notre département.

 

Pour échapper à la souffrance, le plus souvent on se réfugie dans l’avenir. Sur la piste du temps, on imagine une ligne au-delà de laquelle la souffrance présente cessera d’exister.
L’insoutenable légèreté de l’être (1984)
Milan Kundera

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Militant su PG.